Quelques mots d’histoire…
Un modeste village au milieu des halliers de ronces et d’épines, appelé, probablement pour cette raison «L’Epinay», tel était Saint-Pierre-sur-Dives dans ses lointaines origines.
Cette pauvre bourgade avait pourtant une église dédiée à Saint-Pierre. Lorsqu’au cours du IXe siècle, les Normands envahirent la Neustrie, ils trouvèrent sur leur passage, en remontant la Dives, le petit hameau de l’Epinay qu’ils s’empressèrent de piller, et ce, malgré le courage héroïque du curé Wambert qui, pour sauver ses ouailles d’un massacre, se jeta aux pieds des barbares et s’offrit en victime à leur fureur sanguinaire. Sa tête tomba sous la hache.
A défaut de documents irréfutables de cette époque, force nous est de faire nôtre cette légende telle que nous le rapporte la tradition locale.
En 1011, à la mort de son mari, Guillaume Comte d’Eu, la Comtesse Lesceline transforme son château en monastère. Vers 1012, des religieuses de l’ordre de Saint Benoît s’y installent mais au bout d’une trentaine d’année, en butte aux tracasseries de la population, ces bénédictines se retirèrent vers Saint Désir de Lisieux où leur bienfaitrice construisit un nouveau monastère. Elles furent remplacées par des bénédictins En 1046, la comtesse confia les destinées de son abbaye à l’abbé Ainard, religieux remarquable par sa science et sa piété. Parfait administrateur et grand bâtisseur, grâce à lui, le monastère fut agrandi et la première église abbatiale fut construite. La consécration eu lieu en 1067 en présence du nouveau roi d’Angleterre, Guillaume, Duc de Normandie, neveu de la comtesse qui avait placé son établissement sous sa haute protection.
De cette église primitive détruite en 1106 lors de l’incendie de l’Abbaye, il ne reste pratiquement plus rien, toutefois la base de la tour sud.